En 2025, les véhicules électriques ont collectivement effacé 2,3 millions de barils de pétrole de la demande mondiale quotidienne. Derrière ce chiffre spectaculaire se cache une dynamique de marché qui accélère partout dans le monde — et qui touche directement les décisions d'achat et de renouvellement de flotte des PME et artisans français. Tour d'horizon des signaux à surveiller et de ce qu'ils impliquent concrètement en France.

Un basculement mondial qui s'accélère

2,3 millions de barils par jour : c'est l'équivalent de la production pétrolière d'un grand pays exportateur, neutralisée chaque matin par des batteries. Ce chiffre illustre à quel point l'électromobilité est passée du statut de niche à celui de force macroéconomique structurelle. Et la dynamique ne ralentit pas.

Sur le plan industriel, les signaux convergent : Honda a présenté deux prototypes hybrides dans le cadre d'un nouveau plan d'affaires stratégique, confirmant que même les constructeurs traditionnels pivotent vers l'électrification. Porsche a annoncé le lancement d'un Cayenne Coupé 100 % électrique pour 2026, tandis que BMW dévoile ses i7 et Série 7 millésime 2027. Lexus, de son côté, a présenté le TZ 2027, son premier SUV électrique à trois rangées — un segment très attendu par les gestionnaires de flotte recherchant de la polyvalence.

À surveiller également : les marques chinoises Chery et Zeekr préparent leur entrée sur le marché canadien, un banc de test souvent précurseur d'une expansion vers l'Europe. Leur positionnement tarifaire agressif pourrait redistribuer les cartes sur les segments utilitaires et commerciaux d'ici deux à trois ans.

France : ce que ça change pour les flottes et les PME

Pour un gestionnaire de flotte ou un artisan basé en France, ce basculement mondial se traduit par des contraintes — et surtout des opportunités — bien concrètes.

Les ZFE-m serrent les boulons. Dans 43 agglomérations françaises (Paris, Lyon, Marseille…), les véhicules Crit'Air 3 sont progressivement exclus des zones à faibles émissions. Pour un artisan qui livre ou intervient en centre-ville, maintenir un véhicule thermique vieillissant devient un risque opérationnel direct.

Les aides rendent l'électrique économiquement rationnel. Voici ce que peut mobiliser une PME aujourd'hui :

  • Bonus écologique : jusqu'à 9 000 € pour les entreprises (sous conditions), 7 000 € pour les particuliers éligibles.
  • Suramortissement de 40 % sur les véhicules propres, calculé sur une base plafonnée à 30 000 € — soit une économie fiscale réelle sur l'IS ou l'IR.
  • CEE (Certificats d'Économie d'Énergie) : ils peuvent financer une large part de l'installation de bornes de recharge sur site, réduisant drastiquement le coût d'infrastructure.
  • Taxe annuelle sur émissions CO₂ (ex-TVS) : un véhicule émettant moins de 20 g/km est quasiment exonéré, là où un diesel de flotte génère plusieurs centaines d'euros de taxe annuelle par véhicule.

Sur le TCO (coût total de possession), selon les estimations sectorielles, un utilitaire léger électrique parcourant 25 000 km/an peut afficher un coût au kilomètre inférieur de 20 à 30 % à son équivalent diesel, une fois aides et économies de carburant intégrées sur 4 ans — hors éventuelles dépenses d'infrastructure.

Les modèles à suivre de près pour votre renouvellement

Les annonces récentes dessinent le catalogue de demain. Le Cayenne Coupé électrique Porsche (2026) cible les dirigeants et cadres supérieurs en véhicule de fonction. Le Lexus TZ à trois rangées intéresse les flottes nécessitant des transports de personnes. Et les futurs modèles BMW i7 / Série 7 (2027) consolident l'offre premium pour les véhicules de direction électrifiés.

Pour les segments utilitaires et PME, le leasing social — à partir de 100 €/mois pour les ménages modestes éligibles — reste un levier à connaître, notamment pour les artisans souhaitant électrifier leur véhicule personnel en parallèle de leur flotte pro.

Ce qu'il faut faire maintenant

La tendance est irréversible : les 2,3 millions de barils économisés chaque jour en 2025 ne sont qu'une étape. Pour les PME et gestionnaires de flotte français, trois actions concrètes s'imposent dès maintenant :

  • Auditer votre flotte au regard des restrictions ZFE-m actuelles et à venir dans vos zones d'intervention.
  • Simuler votre TCO électrique en intégrant bonus, suramortissement et économies de carburant sur 4 ans.
  • Anticiper l'infrastructure de recharge en mobilisant les CEE avant renouvellement du parc.

L'électrique n'est plus l'avenir : c'est la variable d'ajustement du budget flotte d'aujourd'hui.

D'après Auto123 CA