À Berlin, lors de l'événement Automotive Masterminds 2026, Stellantis a livré un message qui tranche avec le discours ambiant sur la guerre des prix dans l'électrique : un véhicule électrique doit être objectivement meilleur, pas seulement moins cher. Pour les PME, artisans et gestionnaires de flottes belges qui arbitrent aujourd'hui entre motorisations, ce positionnement mérite une lecture attentive — chiffres à l'appui.

Ce que Stellantis dit vraiment sur l'électrique

C'est le Dr. Joachim Kahmann, Senior Vice President Purchasing EE & Modules chez Stellantis, qui a porté ce message à Berlin. Sa thèse : la baisse des prix est nécessaire, mais insuffisante. Le véhicule électrique doit démontrer une supériorité d'usage — confort, fiabilité, coût global — pour déclencher l'achat en masse, notamment auprès des professionnels.

Ce discours n'est pas anodin venu d'un groupe qui annonce simultanément le retour d'un moteur V8-HEMI 5,7 litres pour le pick-up Ram aux États-Unis, tout en proposant des solutions hybrides légères comme la Fiat 500 HEV en Europe. Stellantis joue clairement sur plusieurs tableaux selon les marchés — et assume cette stratégie multi-énergie.

Le marché mondial de l'électrique : trois vitesses, trois réalités

Les chiffres présentés lors de l'événement illustrent des dynamiques radicalement différentes selon les zones géographiques :

  • Chine : environ 38 % des ventes de voitures neuves sont électriques — un marché structurellement transformé, porté par des acteurs locaux ultra-compétitifs.
  • Europe : 17,4 % de part de marché en 2025 — une progression réelle, mais encore loin d'une adoption majoritaire.
  • États-Unis : seulement 8 % — un marché encore très attaché aux motorisations thermiques puissantes, comme en témoigne le retour du V8 chez Ram.

L'Europe se trouve dans une position intermédiaire : assez avancée pour ne plus ignorer l'électrique, mais pas encore au point de bascule. C'est précisément là que le message de Stellantis prend tout son sens : pour passer de 17 % à 40 % ou plus, il faudra convaincre des acheteurs pragmatiques — et les professionnels belges en font partie.

Belgique : ce que ça change pour votre flotte

En Belgique, le contexte réglementaire et fiscal crée aujourd'hui une fenêtre d'opportunité concrète pour les professionnels qui s'interrogent sur le passage à l'électrique :

  • Déductibilité fiscale à 100 % pour les véhicules zéro émission achetés jusqu'en 2027 — un avantage majeur pour les PME soumises à l'impôt des sociétés.
  • Avantage ATN fortement réduit pour les voitures de société électriques, ce qui allège sensiblement la charge fiscale pour les dirigeants et cadres.
  • Primes régionales cumulables : jusqu'à 4 500 € en Wallonie (prime PIVERT), jusqu'à 4 000 € à Bruxelles, et une prime Ecoscore progressive en Flandre.
  • LEZ (Low Emission Zones) en vigueur à Bruxelles, Anvers et Gand, avec des extensions prévues : un véhicule thermique vieillissant devient un risque opérationnel croissant pour les artisans qui travaillent en zone urbaine.
  • Infrastructure de recharge obligatoire en entreprise dès 2030 : anticiper l'installation de bornes dès aujourd'hui, c'est lisser l'investissement et éviter l'urgence.

Sur le plan du TCO (coût total de possession), un véhicule utilitaire léger électrique présente, selon les estimations du secteur, un coût d'énergie par kilomètre environ deux à trois fois inférieur à son équivalent diesel, à condition que la recharge soit organisée principalement au dépôt ou au domicile. Les économies de maintenance (pas de vidange, moins de pièces d'usure) renforcent encore l'équation pour des flottes à kilométrage annuel élevé.

Ce qu'il faut retenir et faire maintenant

Le signal envoyé par Stellantis est clair : les constructeurs savent que la bataille de l'électrique ne se gagnera pas uniquement sur les catalogues de prix. Elle se gagnera sur le terrain, dans l'expérience quotidienne des conducteurs professionnels. Pour un gestionnaire de flotte belge, c'est une invitation à exiger davantage — autonomie réelle en conditions hivernales, réseau de recharge rapide, garantie batterie solide — avant de signer un bon de commande.

Concrètement, trois actions prioritaires s'imposent avant fin 2027 :

  • Profitez de la déductibilité à 100 % tant qu'elle est en vigueur pour renouveler les véhicules les plus anciens de votre flotte.
  • Vérifiez votre éligibilité aux primes régionales selon votre siège social et vos zones d'activité.
  • Planifiez votre infrastructure de recharge dès maintenant pour anticiper l'obligation de 2030 sans stress budgétaire.

D'après Elektroauto News CH