Une gigantesque usine de batteries de nouvelle génération va s'installer à Dunkerque, à deux heures de route de la frontière belge. Derrière ce projet industriel, il y a une vraie promesse pour vous, futur conducteur électrique : des voitures qui rechargent plus vite, roulent plus loin et coûtent potentiellement moins cher à l'usage. Voici ce que ça change — concrètement — si vous habitez en Belgique.
ProLogium, Dunkerque, SPAC : de quoi parle-t-on vraiment ?
ProLogium est un fabricant taïwanais spécialisé dans les batteries à l'état solide — une technologie qui remplace le liquide électrolytique des batteries actuelles par un matériau solide, plus stable, plus sûr et capable de stocker davantage d'énergie dans un même volume. L'entreprise construit en ce moment une usine de production (que l'on appelle aussi gigafactory, car elle produit des milliards de cellules par an) à Dunkerque, dans le nord de la France.
Pour financer ce chantier colossal, ProLogium envisage une fusion avec TDAC (Translational Development Acquisition Corp.), une société américaine cotée en bourse mais sans activité propre — ce qu'on appelle un SPAC (Special Purpose Acquisition Company, ou « coquille vide boursière »). Ce montage permet à ProLogium de lever des fonds rapidement sur les marchés financiers. En clair : si la transaction aboutit, l'usine de Dunkerque aura les moyens de produire des batteries solides à grande échelle dès les prochaines années.
Pourquoi la technologie solide compte pour votre prochain véhicule électrique
Aujourd'hui, les VE (véhicules électriques) grand public utilisent des batteries lithium-ion liquides. Elles ont fait leurs preuves, mais elles ont des limites : temps de recharge, dégradation par le froid, poids. Les batteries solides promettent, selon les estimations du secteur, des autonomies nettement supérieures (potentiellement +30 à +50 % à taille équivalente) et des recharges ultra-rapides. Pour vous, cela peut se traduire par moins de stress sur l'autoroute et moins d'arrêts recharge lors de vos trajets vers les Ardennes ou la côte.
La proximité géographique de l'usine de Dunkerque avec la Belgique n'est pas anodine : des constructeurs européens qui s'approvisionnent localement peuvent réduire leurs coûts logistiques, ce qui, à terme, pèse sur le prix de vente des voitures que vous achèterez chez un concessionnaire belge.
Belgique : ce que vous gagnez (ou perdez)
En attendant la voiture solide de demain, les aides belges pour passer à l'électrique sont déjà très concrètes aujourd'hui. Voici un tour d'horizon selon votre région :
- Wallonie : la prime PIVERT peut atteindre 4 500 € pour l'achat d'un VE neuf, sous conditions de revenus et de résidence.
- Bruxelles : une prime régionale allant jusqu'à 4 000 € est accessible pour les particuliers achetant un VE neuf.
- Flandre : un système de prime Ecoscore progressive récompense les véhicules les moins polluants — plus votre voiture est propre, plus la prime est élevée.
- Partout en Belgique : les LEZ (Low Emission Zones, ou zones à faibles émissions) se renforcent à Bruxelles, Anvers et Gand. Si vous habitez ou circulez dans ces villes, un vieux diesel risque de vous coûter cher en amendes dans les prochaines années.
À l'inverse, n'espérez pas la déductibilité fiscale à 100 % (l'avantage qui permet de soustraire intégralement le coût d'un véhicule de ses impôts) : cet avantage est réservé aux indépendants et aux entreprises, pas aux particuliers. Pour vous, la bonne nouvelle reste les primes régionales et les économies à l'usage.
Exemple chiffré : la famille de Namur qui hésite encore
Prenons un cas concret : Sophie et Marc, couple avec deux enfants, habitant à Namur. Ils parcourent environ 12 000 km par an, essentiellement entre Namur, Liège et quelques escapades en Ardennes. Ils ont un garage avec prise électrique standard (230 V).
- Carburant actuel (diesel) : à ~1,70 €/L et 6 L/100 km, ils dépensent environ 1 224 €/an en carburant.
- Avec un VE rechargé à domicile : à ~0,30 €/kWh et une consommation de 18 kWh/100 km, la facture tombe à environ 648 €/an, soit une économie de ~576 €/an (48 €/mois).
- Prime PIVERT (Wallonie) : jusqu'à 4 500 € à déduire du prix d'achat, selon leurs revenus.
- Payback (retour sur investissement) : si le surcoût à l'achat d'un VE équivalent est de 4 000 € après prime, il est amorti en moins de 7 ans grâce aux seules économies de carburant — sans compter l'entretien réduit (pas de vidange, freins moins sollicités grâce au freinage régénératif).
Avec des batteries solides demain, l'autonomie plus élevée éliminerait toute inquiétude pour les trajets Namur–Luxembourg. On n'en est pas encore là, mais la trajectoire est tracée.
Concrètement, qu'est-ce que je fais ?
- ✅ Vérifiez votre éligibilité aux primes régionales : les critères de revenus et de résidence varient. Utilisez votre espace Moteurs.com pour recevoir une alerte personnalisée dès qu'une aide correspond à votre profil.
- ✅ Simulez le coût réel de votre trajet quotidien en électrique vs essence ou diesel sur l'outil comparer-trajet de Moteurs.com — entrez vos kilomètres annuels et votre tarif d'électricité, le calcul est immédiat.
- ✅ Estimez votre économie totale sur 5 ans avec le simulateur personnel Moteurs.com : il intègre l'achat, les aides, le carburant, l'entretien et la revente.
D'après Electrive DE