À partir du 1er janvier 2027, les entreprises néerlandaises qui optent pour le leasing d'un véhicule thermique ou hybride devront s'acquitter chaque mois d'une taxe équivalant à 1 % du prix catalogue du véhicule. Une décision fiscale radicale, annoncée en 2025, qui redistribue les cartes du marché des flottes d'entreprise. Et si les Pays-Bas ouvrent la voie, les professionnels belges ont tout intérêt à anticiper les signaux qui se dessinent de ce côté-ci de la frontière.

Une mécanique fiscale simple, mais au coût redoutable

Le principe est arithmétiquement limpide : 1 % du prix officiel neuf du véhicule, chaque mois, versé directement aux autorités fiscales néerlandaises. Pour un véhicule d'une valeur de 35 000 euros — une berline compacte ou un SUV d'entrée de gamme tout à fait standard dans une flotte de PME —, la facture mensuelle atteint 350 euros. Sur une durée de leasing classique de 48 mois, cela représente un surcoût brut de 16 800 euros par véhicule, non répercutable sur le salarié selon la législation néerlandaise. C'est l'employeur qui absorbe l'intégralité de la charge.

Le résultat ne s'est pas fait attendre : dès l'annonce de cette mesure, les commandes de véhicules électriques dans les petites entreprises ont bondi de 41 % à 51 %, et chez les grandes entreprises de 83 % à 90 %. La taxe, même future, agit déjà comme un accélérateur de la transition.

Belgique : ce que ça change pour votre flotte

La Belgique n'a pas (encore) adopté de mécanisme identique, mais le contexte fiscal local envoie des signaux convergents. Pour les professionnels belges, la pression vers l'électrique est déjà bien réelle :

  • Déductibilité fiscale à 100 % pour les véhicules zéro émission achetés jusqu'en 2027 — un avantage qui s'érode progressivement pour les thermiques.
  • Avantage en nature (ATN) fortement réduit pour les voitures de société électriques, ce qui allège sensiblement la charge fiscale pour l'employé comme pour l'employeur.
  • Primes régionales : jusqu'à 4 500 € via la prime PIVERT en Wallonie, jusqu'à 4 000 € à Bruxelles pour un véhicule électrique neuf, et une prime Ecoscore progressive en Flandre selon le niveau d'émissions.
  • Zones à basses émissions (LEZ) déjà actives à Bruxelles, Anvers et Gand, avec des extensions programmées — un paramètre TCO souvent sous-estimé pour les flottes en déplacement urbain.
  • Obligation d'infrastructure de recharge en entreprise dès 2030, qui incite à anticiper les investissements dès maintenant.

En croisant ces paramètres, un gestionnaire de flotte belge qui compare aujourd'hui le coût total de possession (TCO) d'un véhicule thermique en leasing face à son équivalent électrique, en intégrant les primes disponibles et l'ATN réduit, peut constater que l'écart se resserre significativement, voire s'inverse selon les régions et les profils d'usage.

Ce que l'exemple néerlandais enseigne aux décideurs belges

La mesure néerlandaise illustre un principe qui monte en puissance dans toute l'Europe : fiscaliser l'inaction plutôt que de se contenter de subventionner la transition. Plutôt qu'attendre qu'une taxe similaire soit adoptée en Belgique — ce que rien n'exclut à moyen terme —, les PME et artisans belges ont une fenêtre d'opportunité concrète devant eux.

Par ailleurs, à partir du 17 septembre 2030, la taxe néerlandaise s'appliquera également aux contrats conclus avant le 1er janvier 2027. Autrement dit, même les entreprises qui auront tenté de contourner la mesure en signant en urgence des contrats thermiques seront rattrapées. Un avertissement utile : les effets rétroactifs sont possibles, et la planification à court terme peut se révéler coûteuse.

Trois actions concrètes à engager maintenant

  • Auditez votre flotte actuelle : identifiez les véhicules dont le contrat arrive à échéance avant 2027 et évaluez le TCO comparatif électrique vs thermique en intégrant les aides régionales disponibles.
  • Anticipez l'infrastructure : l'obligation de bornes en entreprise en 2030 implique des délais administratifs et techniques — mieux vaut entamer les démarches dès cette année.
  • Suivez l'agenda fiscal belge : les arbitrages budgétaires en cours au niveau fédéral et régional peuvent faire évoluer rapidement le cadre fiscal des véhicules de société thermiques.

Les Pays-Bas montrent qu'une taxe bien calibrée peut transformer un marché en quelques mois. En Belgique, les leviers existent déjà — en faveur de l'électrique. Pour les professionnels, la question n'est plus vraiment "si" mais "à quel rythme" accélérer la transition de leur flotte.

D'après Elektroauto News CH