Le marché européen du véhicule électrique franchit un nouveau cap : 694 000 immatriculations en Europe de l'Ouest au premier trimestre 2026, soit une progression de 24,7% sur un an. Derrière ce chiffre global se cachent des dynamiques nationales très contrastées — et des enseignements précieux pour les dirigeants de PME, artisans et gestionnaires de flottes basés en Belgique, qui naviguent entre incitations fiscales, obligations réglementaires et pression des zones basses émissions.
Un trimestre record porté par les politiques d'aide
La part de marché des véhicules électriques en Europe de l'Ouest bondit de 18,4% à 22% en l'espace d'un an. Ce saut n'est pas le fruit du hasard : il s'explique en grande partie par l'anticipation des aides gouvernementales, notamment en Allemagne où de nouvelles subventions à l'achat entreront en vigueur en juin 2026 avec un effet rétroactif au 1er janvier. Résultat : 160 000 immatriculations outre-Rhin au T1, en hausse de 41,3%.
La France fait encore mieux en termes relatifs, avec 112 700 immatriculations (+51,2%) et une part de marché atteignant 28,1%. L'Italie, longtemps à la traîne, enregistre elle aussi une forte poussée : +64,7%, même si sa part de marché reste modeste à 7,9%. À l'opposé, la Norvège — pionnière historique — recule de 7% après un durcissement de son régime de TVA : la limite d'exonération a été abaissée de 500 000 à 300 000 couronnes norvégiennes. Un signal d'alerte : les aides publiques font et défont les marchés. Le cas le plus spectaculaire reste le Danemark, où 67% des voitures immatriculées au T1 2026 sont électriques.
Belgique : ce que ça change pour votre flotte
La Belgique ne publie pas encore ses chiffres T1 2026 dans cette source, mais le contexte réglementaire et fiscal belge est, lui, parfaitement lisible — et particulièrement favorable aux professionnels qui passent à l'électrique dès maintenant.
- Déductibilité fiscale à 100% pour tout véhicule zéro émission acheté jusqu'en 2027 : un avantage considérable pour les PME soumises à l'impôt des sociétés.
- Avantage ATN fortement réduit pour les voitures de société électriques, ce qui allège la facture fiscale des dirigeants et salariés bénéficiant d'un véhicule de fonction.
- Primes régionales cumulables : jusqu'à 4 500 € via la prime PIVERT en Wallonie, jusqu'à 4 000 € à Bruxelles, et une prime Ecoscore progressive en Flandre selon le niveau d'émissions du véhicule.
- LEZ (Low Emission Zones) déjà actives à Bruxelles, Anvers et Gand, avec une extension prévue : pour les flottes qui livrent ou interviennent en zone urbaine, le passage à l'électrique n'est plus une option à moyen terme.
- Obligation d'infrastructure de recharge en entreprise dès 2030 : anticiper l'installation de bornes aujourd'hui, c'est lisser l'investissement et bénéficier d'éventuelles aides encore disponibles.
En combinant déductibilité fiscale, prime régionale et économies sur le carburant, le TCO (coût total de possession) d'un utilitaire ou d'une voiture de société électrique se rapproche — voire dépasse — la rentabilité du thermique équivalent sur 4 à 5 ans, selon les estimations de plusieurs analystes du secteur. L'équation est encore plus favorable pour les véhicules faisant beaucoup de kilomètres en zone urbaine.
Le risque de l'attentisme : ce qu'enseigne la Norvège
L'exemple norvégien est instructif à plus d'un titre. Ce pays, souvent cité en modèle, voit ses immatriculations reculer dès qu'un avantage fiscal est réduit. Cela démontre que les fenêtres d'opportunité sont temporaires. En Belgique, la déductibilité à 100% est garantie jusqu'en 2027 — mais pas au-delà. Les gestionnaires de flottes qui diffèrent leurs décisions d'achat risquent de commander leurs véhicules hors de la période la plus favorable, sans garantie que les primes régionales seront maintenues à leur niveau actuel.
Ce qu'il faut faire maintenant
Pour les PME et artisans belges, trois actions concrètes s'imposent à court terme :
- Réaliser un audit de flotte : identifier les véhicules éligibles au remplacement avant fin 2027 pour maximiser la déductibilité fiscale.
- Vérifier votre éligibilité aux primes régionales selon votre siège social et vos zones d'activité (Wallonie, Bruxelles ou Flandre).
- Anticiper l'infrastructure de recharge : bornes en entreprise, recharge à domicile pour les salariés — un plan cohérent évite les mauvaises surprises à l'approche de 2030.
La dynamique européenne est claire, les signaux belges sont favorables. Reste à transformer l'essai avant que les conditions changent.
D'après Elektroauto News CH