Stellantis vient d'annoncer à l'Élysée le retour du leasing social pour 2026, avec pas moins de 12 véhicules électriques (VE — c'est-à-dire des voitures fonctionnant uniquement à la batterie, sans moteur thermique) proposés à partir de 94 euros par mois. Si ce programme cible en priorité les ménages français éligibles, il envoie un signal fort sur le marché européen — et il y a des raisons concrètes pour vous, lecteurs basés en Suisse, de vous y intéresser de près. Les pré-réservations doivent ouvrir prochainement, avant la publication d'un décret officiel.

Le leasing social, c'est quoi exactement ?

Le leasing (ou location longue durée avec option d'achat) social est un dispositif qui permet à des ménages sous conditions de ressources de louer un véhicule électrique neuf à un tarif mensuel très réduit, grâce à une aide de l'État. Le programme 2026 piloté par Stellantis — le groupe derrière les marques Peugeot, Citroën, Opel ou encore Fiat — porterait sur 12 modèles électriques différents, ce qui représente un choix bien plus large que lors des éditions précédentes.

Le tarif annoncé de 94 euros par mois est un plancher : le montant réel dépend du modèle choisi, de la durée du contrat et du kilométrage inclus. Un décret officiel précisera les modalités exactes avant l'ouverture des pré-réservations.

Suisse : ce que vous gagnez (ou perdez)

Soyons clairs : le leasing social français est réservé aux résidents fiscaux français. En tant que résident suisse, vous ne pouvez pas y souscrire directement. Alors, pourquoi en parler ? Parce que ce programme influence les prix et les stocks sur tout le marché européen, et surtout parce que la Suisse dispose de ses propres leviers très attractifs.

Voici ce que vous pouvez concrètement mobiliser côté suisse :

  • Bonus cantonaux à l'achat : jusqu'à 3 000 CHF dans les cantons de Vaud et Genève, 2 000 CHF à Berne. Ces montants viennent directement réduire votre apport ou votre première mensualité.
  • Réduction ou exonération de l'impôt sur les véhicules : dans de nombreux cantons, un VE est taxé moins lourdement qu'un véhicule thermique, ce qui représente une économie récurrente chaque année.
  • Franc fort : les voitures électriques importées de la zone euro sont structurellement moins chères pour un acheteur suisse qu'elles ne l'étaient il y a cinq ans. Un modèle affiché à 30 000 € revient, selon les estimations, entre 10 et 15 % moins cher que son équivalent en CHF liste.
  • Réseau de recharge dense : SwissCharge, EVPASS et les bornes communales couvrent bien les grandes agglomérations, ce qui réduit l'anxiété liée à l'autonomie pour un usage urbain et périurbain.

En revanche, la Suisse ne dispose pas de ZFE (Zone à Faibles Émissions — des périmètres urbains où certains véhicules polluants sont interdits) nationale, donc l'urgence réglementaire est moins immédiate qu'en France. Cela dit, l'objectif fédéral est ambitieux : 50 % de nouveaux véhicules électriques d'ici 2030, ce qui laisse présager une montée en charge rapide des incitations dans les prochaines années.

Exemple chiffré : la famille de Morges, 14 000 km/an

Prenons un profil concret : un couple avec deux enfants, habitant en zone périurbaine près de Morges (VD), parcourant environ 14 000 km par an entre trajets domicile-travail et week-ends en famille. Ils ont un garage avec prise électrique standard.

  • Carburant actuel (diesel) : selon les estimations, environ 1 800 CHF/an pour 14 000 km.
  • Recharge à domicile (VE) : selon les estimations, environ 420 à 560 CHF/an au tarif résidentiel suisse, soit une économie de 1 200 à 1 400 CHF par an sur le seul poste énergie.
  • Bonus cantonal Vaud : 3 000 CHF à l'achat, soit l'équivalent de 83 CHF/mois sur 3 ans.
  • Économie sur la vignette et l'impôt véhicule : selon le canton et le modèle, entre 200 et 400 CHF/an en moins.

Sur une période de 3 ans, cette famille pourrait économiser, selon les estimations, entre 6 000 et 7 500 CHF par rapport à un véhicule diesel équivalent — sans compter les éventuelles hausses du prix des carburants.

Concrètement, qu'est-ce que je fais ?

Voici trois actions simples à enchaîner dès maintenant :

  • 1. Simulez votre budget réel : utilisez le simulateur Moteurs.com pour calculer ce que vous coûte vraiment un VE sur 3 ans, en intégrant votre kilométrage, votre canton et votre mode de recharge.
  • 2. Comparez le coût de vos trajets quotidiens : l'outil comparer-trajet vous montre en quelques clics ce que vous dépensez aujourd'hui en carburant vs ce que coûterait la même distance en électrique.
  • 3. Activez vos alertes aides personnalisées : connectez-vous à votre espace membres pour recevoir une notification dès que votre canton publie un nouveau bonus ou qu'un modèle compatible avec votre budget est disponible.

D'après Automobile Propre