GLS Canada franchit une nouvelle étape dans la décarbonation de sa logistique en déployant quatre camions de terminal électriques Orange EV HUSK-e dans trois grandes villes canadiennes. Au-delà du symbole, les chiffres sont parlants : jusqu'à 90 tonnes de CO₂ évitées et jusqu'à 120 000 $ CAD économisés par camion, par année. Un cas concret à décortiquer pour tout gestionnaire de flotte qui examine la rentabilité du virage électrique.

Quatre camions, trois villes, un même pari électrique

Basée à Dorval, au Québec, GLS Canada a réparti ses quatre nouveaux camions Orange EV HUSK-e entre ses sites de Montréal, Toronto et Winnipeg. Ces camions de terminal — utilisés pour manœuvrer les semi-remorques dans les cours de triage et entrepôts — sont conçus pour des cycles courts et intensifs, le terrain idéal pour l'électrique.

Le HUSK-e affiche une capacité de poids brut combiné de 180 000 livres et embarque une batterie de 243 kWh. Avec plus de 12 millions d'heures de fonctionnement et 50 millions de kilomètres accumulés en Amérique du Nord, Orange EV revendique un taux de disponibilité de 97 à 99 % — un argument décisif pour des opérations qui ne peuvent se permettre aucun temps mort.

Ce déploiement s'inscrit dans une stratégie plus large : GLS Canada exploite déjà une flotte de 42 véhicules électriques et à faibles émissions et un réseau de 60 bornes de recharge (Level 2 et courant continu rapide). En 2023, l'entreprise avait déjà introduit quatre camions Lion Electric Lion6 de classe 6 pour le dernier kilomètre.

Le TCO sous la loupe : ce que les chiffres révèlent vraiment

Orange EV annonce des économies pouvant atteindre 120 000 $ CAD par an par camion pour des opérations en double équipe, grâce aux gains combinés sur le carburant et la maintenance. Sur un cycle de vie de cinq à sept ans, cela représente entre 600 000 $ et 840 000 $ d'économies potentielles par unité — un retour sur investissement difficile à ignorer.

Il faut toutefois mettre ces projections en perspective :

  • Coût de l'électricité : les tarifs industriels varient selon la province. Le Québec bénéficie des tarifs Hydro-Québec parmi les plus compétitifs en Amérique du Nord, ce qui maximise les économies. En Ontario ou au Manitoba, le calcul reste favorable, mais mérite une simulation personnalisée.
  • Infrastructure de recharge : l'installation de bornes DC rapides représente un investissement initial significatif. GLS Canada a anticipé ce besoin avec ses 60 chargeurs existants — un actif souvent sous-estimé dans les analyses TCO.
  • Réduction des émissions : chaque HUSK-e permettrait d'éviter entre 80 et 90 tonnes de CO₂ par an, selon le fabricant. À l'échelle des quatre camions, cela représente jusqu'à 360 tonnes évitées annuellement — un argument de poids pour les rapports ESG et les appels d'offres publics.

Canada : ce que ça change pour les gestionnaires de flotte

Le déploiement de GLS Canada illustre une tendance de fond : la décarbonation des cours de triage et entrepôts est techniquement et économiquement mature. Pour les PME et artisans canadiens qui exploitent des camions de terminal, plusieurs leviers d'aide existent dès aujourd'hui :

  • Programme fédéral iVZEV : ce programme cible principalement les véhicules légers, mais les entreprises doivent surveiller les évolutions des enveloppes dédiées aux véhicules commerciaux lourds.
  • Québec — Roulez vert : jusqu'à 8 000 $ CAD de rabais sur les véhicules électriques admissibles, cumulable avec les aides fédérales. Les entreprises québécoises sont en position favorable.
  • Colombie-Britannique — CleanBC : jusqu'à 4 000 $ CAD disponibles pour les véhicules à zéro émission, avec des programmes spécifiques pour les flottes commerciales.
  • Ontario : l'absence de programme provincial depuis 2018 reste un frein. La pression politique pour sa réintroduction est croissante, mais aucune annonce concrète n'est à ce jour confirmée.

Un défi proprement canadien subsiste : les hivers rigoureux, avec des températures pouvant descendre à -30 °C, impactent l'autonomie des batteries. Bonne nouvelle pour les camions de terminal : leurs cycles courts et leur retour régulier à la base facilitent la gestion thermique et la recharge, contrairement aux camions longue distance.

Ce qu'il faut retenir et faire maintenant

Le cas GLS Canada démontre qu'un opérateur logistique peut simultanément réduire son empreinte carbone et ses coûts d'exploitation grâce aux camions électriques de terminal. La maturité technologique d'Orange EV — prouvée par des millions d'heures en service — lève une grande partie du risque opérationnel.

Pour les gestionnaires de flotte canadiens, les prochaines étapes concrètes sont claires :

  • Cartographier vos cycles opérationnels pour identifier les véhicules les plus adaptés à l'électrification immédiate.
  • Consulter les programmes d'aide disponibles dans votre province avant tout investissement.
  • Intégrer le coût de l'infrastructure de recharge dès la phase d'analyse TCO.
  • Questionner vos fournisseurs sur les taux de disponibilité réels en conditions hivernales canadiennes.

La transition électrique des flottes n'est plus une promesse : c'est un chantier opérationnel en cours, province par province.

D'après Electric Autonomy CA