En Allemagne, l'électrique vient de franchir un cap symbolique dans les flottes d'entreprise : pour la première fois, autant de salariés préfèrent un véhicule électrique qu'un véhicule à essence pour leur voiture de fonction. Pour les PME, artisans et gestionnaires de flottes belges, ce signal en provenance de notre premier partenaire commercial mérite une attention immédiate — d'autant que le cadre fiscal et réglementaire belge n'a jamais été aussi favorable à la transition.
Ce que dit l'enquête : des chiffres qui font réfléchir
L'institut Omniquest, mandaté par MHC Mobility, a interrogé près de 1 000 salariés allemands sur leur rapport aux véhicules de fonction. Les résultats dressent un portrait nuancé, mais avec une tendance de fond très claire.
- 64 % des répondants travaillent dans une entreprise disposant d'une flotte de véhicules de fonction.
- 41 % y ont personnellement accès, tandis que 29 % indiquent que cet accès est réservé à certains profils ou fonctions.
- 79 % justifient le véhicule de fonction par une nécessité professionnelle réelle ; 21 % y voient avant tout un levier de fidélisation et de motivation des équipes.
- Sur les préférences énergétiques, 46 % des sondés optent pour l'électrique comme motorisation d'avenir — exactement le même score que pour l'essence. Un match nul historique.
- Plus largement, 59 % des salariés d'entreprises équipées de flottes souhaitent au minimum une motorisation électrifiée (hybride rechargeable ou 100 % électrique).
Ce basculement des mentalités en Allemagne n'est pas anodin : il reflète une maturité croissante vis-à-vis des nouvelles motorisations, portée par l'amélioration de l'autonomie, l'extension des réseaux de recharge et une meilleure connaissance des coûts réels d'utilisation.
Belgique : ce que ça change pour votre flotte
Si la tendance allemande annonce ce qui arrive, les entreprises belges ont une longueur d'avance sur le plan des incitants. Le cadre actuel est l'un des plus favorables d'Europe pour électrifier une flotte professionnelle.
- Déductibilité fiscale à 100 % pour tout véhicule zéro émission acheté jusqu'en 2027 : un avantage comptable direct et immédiat.
- Avantage en nature (ATN) fortement réduit pour les voitures de société électriques, ce qui diminue la charge fiscale aussi bien pour l'employeur que pour le travailleur bénéficiaire.
- Primes régionales cumulables : jusqu'à 4 500 € via la prime PIVERT en Wallonie, jusqu'à 4 000 € à Bruxelles, et une prime Ecoscore progressive en Flandre selon le niveau d'émissions du véhicule.
- LEZ (Low Emission Zones) déjà actives à Bruxelles, Anvers et Gand, avec des extensions prévues : les véhicules thermiques anciens seront progressivement exclus des centres urbains, rendant l'électrification des flottes à usage urbain incontournable.
- Obligation d'infrastructure de recharge en entreprise dès 2030 : anticiper dès aujourd'hui l'installation de bornes, c'est étaler les coûts et bénéficier des conditions d'installation actuelles, plus favorables.
Sur le plan du TCO (coût total de possession), les estimations sectorielles indiquent que le différentiel d'achat entre un véhicule électrique et son équivalent thermique se réduit significativement une fois les aides déduites et la fiscalité intégrée. L'avantage se confirme ensuite à l'usage : coûts d'entretien structurellement plus faibles, énergie moins chère au kilomètre et valeur résiduelle qui se stabilise à mesure que la demande pour l'occasion électrique progresse.
Le véhicule de fonction électrique, nouvel outil RH
L'enquête allemande le confirme : 21 % des entreprises utilisent déjà le véhicule de fonction comme argument de fidélisation. Dans un marché du travail belge sous tension, notamment dans les métiers techniques et commerciaux, proposer une voiture de société électrique devient un signal fort envoyé aux candidats et aux collaborateurs. C'est à la fois un avantage concret — l'ATN réduit se traduit par un gain net sur la fiche de paie — et un engagement en faveur de la durabilité, de plus en plus valorisé par les nouvelles générations de travailleurs.
Pour les PME et artisans dont les équipes se déplacent en zone urbaine ou périurbaine, combiner usage professionnel et véhicule de fonction électrique permet aussi d'anticiper sereinement les restrictions liées aux LEZ, sans subir la contrainte en urgence.
Conclusion : le moment d'agir, c'est maintenant
L'Allemagne montre la direction, mais la Belgique offre dès aujourd'hui les meilleures conditions pour passer à l'acte. Déductibilité totale, primes régionales, ATN avantageux : la fenêtre fiscale est ouverte jusqu'en 2027, mais elle se refermera progressivement. Gestionnaires de flottes, dirigeants de PME et artisans : réalisez dès à présent une simulation TCO intégrant les aides disponibles dans votre région, et consultez votre comptable sur les modalités de déductibilité avant la fin de l'exercice en cours. Chaque mois d'attente, c'est un avantage fiscal qui diminue.
D'après Elektroauto News CH