Engie Vianeo, acteur français de la recharge pour véhicules électriques, vient de remporter deux contrats structurants en Belgique : environ 3 000 bornes AC 22 kW en Wallonie et 1 640 bornes supplémentaires en Région de Bruxelles-Capitale, soit plus de 4 500 points de recharge au total. Au-delà de la performance commerciale, ce déploiement illustre une tendance lourde que les professionnels français — PME, artisans, gestionnaires de flottes — ont tout intérêt à anticiper dès aujourd'hui.
Un déploiement massif piloté par un acteur tricolore
Que ce soit en Wallonie ou dans la capitale belge, les deux commandes confiées à Engie Vianeo portent sur des bornes en courant alternatif d'une puissance de 22 kW. Ce standard, particulièrement adapté aux stationnements longue durée — parkings d'entreprises, dépôts de véhicules, zones commerciales — permet de recharger intégralement la majorité des véhicules électriques du segment professionnel en quelques heures. Pour une flotte de utilitaires légers, c'est souvent la solution la plus rentable : investissement maîtrisé, entretien simplifié, compatibilité universelle.
Le fait qu'un opérateur français soit capable de remporter de tels marchés à l'étranger démontre la montée en maturité de la filière hexagonale. Engie Vianeo dispose désormais d'une capacité de déploiement à grande échelle qui intéresse aussi bien les collectivités que les donneurs d'ordre privés.
France : ce que ça change pour les professionnels
Ce contrat belge intervient dans un contexte français en pleine accélération réglementaire. Les Zones à Faibles Émissions mobilité (ZFE-m) concernent désormais 43 agglomérations, dont Paris, Lyon et Marseille, avec une restriction progressive des véhicules Crit'Air 3. Pour les PME et artisans opérant en zone urbaine, le passage à l'électrique n'est plus une option : c'est une nécessité opérationnelle à horizon 2025-2027.
La bonne nouvelle, c'est que les leviers financiers sont réels :
- Bonus écologique : jusqu'à 9 000 € pour les entreprises sur l'achat d'un véhicule électrique (sous conditions).
- Suramortissement de 40 % : applicable sur les véhicules propres en entreprise, sur une base plafonnée à 30 000 €, ce qui représente une économie fiscale concrète dès la première année.
- CEE (Certificats d'Économie d'Énergie) : ils permettent de financer partiellement l'installation de bornes de recharge sur site professionnel, réduisant ainsi le coût d'entrée.
- Taxe annuelle sur les émissions CO₂ (ex-TVS) : les véhicules émettant moins de 20 g/km bénéficient d'un avantage fiscal fort, allégeant la fiscalité de la flotte sur le long terme.
Combinés, ces dispositifs peuvent rendre le TCO (coût total de possession) d'un utilitaire électrique compétitif face à un thermique équivalent dès 80 000 à 100 000 km parcourus, selon les estimations des professionnels du secteur.
Infrastructures : l'enjeu clé pour passer à l'échelle
Le véritable frein à l'électrification des flottes professionnelles n'est pas le prix du véhicule — les aides le rendent supportable — mais bien la disponibilité et la fiabilité des infrastructures de recharge. Le déploiement belge d'Engie Vianeo démontre qu'un maillage dense en AC 22 kW est techniquement et économiquement réalisable à grande échelle. En France, des opérations similaires commencent à émerger, portées par les appels à projets régionaux et les plans de sobriété énergétique des grandes entreprises.
Pour un gestionnaire de flotte, la priorité est d'identifier dès maintenant les sources de financement disponibles (CEE, subventions régionales, ADEME) et de lancer une étude de faisabilité pour l'installation de bornes sur site. Plus l'infrastructure est anticipée, plus la transition est maîtrisée — et rentable.
Ce qu'il faut retenir et faire maintenant
Le déploiement de plus de 4 500 bornes en Belgique par Engie Vianeo n'est pas une anecdote belge : c'est un signal industriel clair. La technologie est là, les opérateurs français sont prêts, et les aides françaises rendent l'équation financière favorable. Pour les PME et artisans concernés par les ZFE-m, chaque mois de retard dans la planification est un mois de moins pour optimiser les aides et éviter les interdictions de circulation.
Action concrète : consultez un spécialiste en mobilité électrique pour simuler votre TCO avec les aides actuelles, et renseignez-vous auprès de votre fournisseur d'énergie ou d'un opérateur agréé CEE pour financer votre borne de recharge professionnelle.
D'après Electrive EU (BE)