Le géant chinois BYD ne se contente plus d'exporter ses véhicules électriques vers l'Europe : il s'y installe durablement, en reprenant des sites industriels inutilisés auprès de constructeurs en difficulté. Pour les PME, artisans et gestionnaires de flottes basés en Belgique, ce mouvement stratégique n'est pas anodin — il pourrait redistribuer les cartes sur le marché du véhicule électrique d'entreprise dès 2026.

Une stratégie d'ancrage industriel pour contourner Bruxelles

L'Union européenne a instauré des droits de douane supplémentaires sur les véhicules électriques importés de Chine, une mesure conçue pour rééquilibrer la compétition face aux constructeurs subventionnés par Pékin. BYD répond à cette contrainte avec une stratégie simple mais efficace : produire directement sur le sol européen.

Le constructeur est actuellement en négociation pour acquérir des usines inutilisées auprès de plusieurs constructeurs européens, dont Stellantis. En parallèle, deux sites sont déjà en cours de construction : l'un en Hongrie, à Szeged, avec une capacité annoncée pouvant atteindre 300 000 véhicules par an (incluant les modèles Dolphin Surf et Atto 2), l'autre en Turquie. BYD n'est d'ailleurs pas seul dans cette démarche : Stellantis a annoncé début mai un partenariat renforcé avec la marque chinoise Leapmotor, prévoyant l'utilisation de deux usines espagnoles pour y assembler des véhicules électriques. Nissan, de son côté, discute avec Chery d'un partage de son usine de Sunderland au Royaume-Uni.

Le signal est clair : l'industrie automobile chinoise s'implante en Europe, durablement, par la production locale.

Impact TCO : ce que les chiffres peuvent donner pour une flotte belge

Pour un gestionnaire de flotte belge, la question centrale est celle du coût total de possession (TCO). Un véhicule BYD produit en Europe échappe aux droits de douane supplémentaires de l'UE, ce qui peut représenter une économie significative sur le prix d'achat. À titre indicatif, selon les estimations du secteur, ces droits alourdissent actuellement le tarif d'un véhicule importé de Chine de plusieurs milliers d'euros.

Combinez cela avec le contexte fiscal belge particulièrement favorable :

  • Déductibilité fiscale à 100 % pour les véhicules zéro émission achetés jusqu'en 2027 — un levier majeur pour toute PME soumise à l'impôt des sociétés.
  • Avantage ATN fortement réduit pour les voitures de société électriques, ce qui allège la charge fiscale pour le travailleur bénéficiaire.
  • En Wallonie, la prime PIVERT peut atteindre 4 500 € pour l'achat d'un véhicule électrique neuf.
  • À Bruxelles, une prime régionale allant jusqu'à 4 000 € est accessible sous conditions.
  • En Flandre, le système de prime Ecoscore récompense progressivement les véhicules les moins émetteurs.

Résultat : sur un segment compact ou utilitaire léger, un véhicule BYD assemblé localement pourrait afficher un TCO sur 4 ans compétitif face aux offres premium européennes, selon les estimations actuelles du marché.

Belgique : ce que ça change concrètement pour votre entreprise

Au-delà des chiffres, plusieurs évolutions réglementaires belges renforcent l'intérêt d'anticiper ce mouvement de marché.

Les Low Emission Zones (LEZ) de Bruxelles, Anvers et Gand vont continuer à se durcir, avec des extensions prévues. Les véhicules thermiques ou hybrides légers seront progressivement exclus des zones urbaines les plus actives. Pour un artisan ou une PME opérant en ville, l'électrique n'est plus une option, c'est une contrainte qui devient réalité.

Par ailleurs, dès 2030, toute entreprise sera tenue de disposer d'une infrastructure de recharge adaptée à ses véhicules électriques. S'engager dès maintenant dans l'électrification de la flotte, c'est aussi étaler l'investissement en infrastructure sur plusieurs années fiscales favorables.

L'arrivée de BYD en production européenne va mécaniquement élargir l'offre disponible et peser sur les prix. C'est une opportunité pour les acheteurs professionnels belges de négocier des conditions plus favorables, à condition d'être prêts à agir avant que le marché se stabilise.

Ce qu'il faut faire maintenant

Ne pas attendre 2027 pour agir. La déductibilité fiscale à 100 % court jusqu'à cette date, mais les délais de livraison et de mise en place des infrastructures de recharge s'allongent. Voici trois actions concrètes à engager dès maintenant :

  • Auditer votre flotte actuelle : identifier les véhicules en fin de cycle et les postes les plus exposés aux LEZ.
  • Comparer les TCO sur 4 ans en intégrant les primes régionales disponibles dans votre province ou région.
  • Suivre l'offre BYD Europe : les modèles Dolphin Surf et Atto 2, destinés à la production hongroise, ciblent précisément le segment des flottes compactes d'entreprise.

D'après Elektroauto News CH