Le plus grand équipementier automobile mondial vient d'envoyer un signal d'alarme retentissant : Bosch annonce la suppression de 28 000 postes dans l'ensemble de ses activités, dont 22 000 dans sa seule branche automobile. Un chiffre qui a de quoi faire réfléchir les gestionnaires de flottes et chefs d'entreprise belges, dans un contexte où la transition énergétique des transports s'accélère malgré des turbulences industrielles de taille.

28 000 postes supprimés : derrière les chiffres, une crise structurelle

En janvier 2025, Bosch avait déjà annoncé la suppression de 12 000 emplois. Quelques mois plus tard, ce chiffre a plus que doublé. La direction, dont le siège est établi à Gerlingen près de Stuttgart, pointe une révision brutale des perspectives sur l'électromobilité en Europe. Selon le président du conseil de surveillance d'Asenkerschbaumer, 99 % des acteurs du marché partageaient les mêmes attentes optimistes sur la croissance du véhicule électrique — attentes qui ne se sont pas matérialisées à la vitesse prévue.

Le cas des cellules de batterie illustre parfaitement ce recalibrage douloureux : Bosch aurait dû injecter 20 milliards d'euros pour conquérir seulement 20 % de part de marché dans ce segment. La raison principale ? Les matières premières représentent jusqu'à 75 % du coût de fabrication des batteries, rendant toute économie d'échelle européenne extrêmement difficile face aux producteurs asiatiques. Bosch a donc fait un choix : ne pas entrer dans la bataille des cellules, et restructurer massivement.

Pour les équipementiers, une onde de choc qui traverse toute la chaîne

Bosch ne produit pas de voitures, mais ses composants — systèmes de freinage, électronique embarquée, capteurs, solutions d'injection — équipent la quasi-totalité des véhicules qui circulent sur nos routes. Quand le premier équipementier mondial restructure à cette échelle, c'est toute la chaîne d'approvisionnement automobile qui frémit : sous-traitants, importateurs, concessionnaires et in fine les entreprises qui renouvellent leurs flottes.

Pour un gestionnaire de flotte belge, cela peut se traduire concrètement par des tensions sur la disponibilité de certains modèles, des délais de livraison allongés ou encore des incertitudes sur les coûts de maintenance à moyen terme pour les véhicules thermiques en fin de cycle. Un argument de plus pour anticiper dès maintenant la transition vers l'électrique.

Belgique : ce que ça change pour votre flotte

Paradoxalement, la crise industrielle chez Bosch renforce l'urgence d'agir pour les entreprises belges, car les incitations fiscales et réglementaires locales n'ont jamais été aussi favorables — et certaines sont limitées dans le temps.

  • Déductibilité fiscale à 100 % pour tout véhicule zéro émission acquis jusqu'en 2027 : un levier TCO majeur pour les PME et indépendants qui achètent leurs véhicules de société.
  • Avantage ATN réduit sur les voitures de société électriques : la cotisation sur l'avantage de toute nature reste bien plus basse que pour un équivalent thermique, ce qui allège significativement le coût réel pour le travailleur et l'employeur.
  • En Wallonie, la prime PIVERT peut atteindre 4 500 € pour l'achat d'un véhicule électrique neuf, sous conditions de revenus et de type de véhicule.
  • À Bruxelles, une prime régionale jusqu'à 4 000 € est accessible pour les particuliers et certaines structures professionnelles.
  • En Flandre, le système de prime Ecoscore récompense progressivement les véhicules les moins émissifs.
  • Les LEZ (Low Emission Zones) de Bruxelles, Anvers et Gand se durcissent : les véhicules diesel anciens seront progressivement bannis, avec des extensions prévues. Maintenir une flotte thermique vieillissante devient un risque opérationnel réel.
  • Dès 2030, toute entreprise disposant d'un parking sera tenue d'installer une infrastructure de recharge. Anticiper ces investissements permet de les intégrer dans le TCO global et d'en optimiser le financement.

En combinant la déductibilité fiscale, la réduction de l'ATN et les primes régionales disponibles, le surcoût à l'achat d'un véhicule électrique par rapport à un thermique équivalent peut être réduit à quelques milliers d'euros sur la durée du contrat, voire neutralisé selon les aides obtenues et le volume de la flotte.

Ce qu'il faut faire maintenant

La restructuration de Bosch n'est pas une mauvaise nouvelle isolée : elle reflète les difficultés réelles de la transition énergétique à l'échelle industrielle européenne. Mais pour les professionnels belges, le message est clair : les fenêtres fiscales et les primes actuelles sont des opportunités temporaires. Attendre 2028 pour électrifier sa flotte, c'est risquer de payer plus cher et de subir des contraintes réglementaires sans avoir optimisé le TCO.

Faites auditer votre flotte dès maintenant, identifiez les véhicules éligibles aux primes régionales, et intégrez l'infrastructure de recharge dans votre plan d'investissement. La transition n'est plus une option — c'est une équation financière à résoudre avant que les paramètres ne changent.

D'après Elektroauto News CH