En 2025, les véhicules électriques ont effacé 2,3 millions de barils de pétrole de la demande mondiale quotidienne. Un chiffre massif qui confirme que la bascule énergétique est bien engagée — et qui annonce des bouleversements concrets pour les gestionnaires de flottes, les artisans et les PME canadiennes. Voici ce que ces données globales signifient, ici, sur le terrain.
2,3 millions de barils : derrière le chiffre, une tendance de fond
Ce n'est pas une anecdote statistique : 2,3 millions de barils par jour représentent environ 2 % de la consommation mondiale de pétrole, effacés uniquement par la progression du parc électrique. C'est la preuve que la transition énergétique du transport routier n'est plus une promesse — c'est un mouvement structurel, documenté et accéléré.
Du côté des constructeurs, cette dynamique se lit dans les annonces récentes. Porsche prépare un Cayenne Coupé électrique pour 2026. BMW renouvelle ses i7 et Série 7 avec une déclinaison zéro émission pour 2027. Lexus dévoile le TZ 2027, son premier VUS électrique à trois rangées — une catégorie particulièrement pertinente pour les gestionnaires de flottes utilitaires. Honda, de son côté, mise sur l'hybride avec deux nouveaux prototypes, reconnaissant que tous les marchés ne basculent pas au même rythme. Même les marques chinoises Chery et Zeekr s'apprêtent à entrer sur le marché canadien, ce qui devrait intensifier la concurrence sur les prix.
Canada : ce que ça change pour les professionnels
Pour une PME ou un artisan canadien, la réduction mondiale de la dépendance au pétrole se traduit d'abord par une question concrète : quel est le bon moment pour électrifier ma flotte ? Les incitations actuelles n'ont probablement jamais été aussi favorables.
- Programme fédéral iVZEV : jusqu'à 5 000 CAD pour un VE dont le prix est inférieur à 55 000 CAD, et 2 500 CAD pour un véhicule hybride rechargeable (PHEV).
- Québec — Roulez vert : jusqu'à 8 000 CAD cumulables avec la subvention fédérale, soit jusqu'à 13 000 CAD d'économies à l'achat.
- Colombie-Britannique — CleanBC : jusqu'à 4 000 CAD de rabais additionnel, portant l'aide totale à 9 000 CAD dans cette province.
- Ontario : aucun programme provincial depuis 2018 — mais la pression politique monte. Plusieurs associations d'entreprises plaident pour une réintroduction, notamment dans le contexte de compétitivité face au Québec et à la C.-B.
Sur le plan du coût total de possession (TCO), les économies de carburant restent le levier le plus puissant. Selon les estimations du secteur, un véhicule utilitaire léger électrique permet de diviser par trois à quatre la facture énergétique annuelle par rapport à son équivalent thermique, selon l'usage et la province. En Ontario, où l'électricité est partiellement subventionnée pour les entreprises en dehors des heures de pointe, l'écart est encore plus favorable la nuit — pertinent si vous rechargez votre flotte dans vos locaux.
Les défis canadiens que les chiffres mondiaux ne racontent pas
Les données mondiales s'arrêtent aux moyennes. Or, gérer une flotte au Canada, c'est composer avec des réalités que peu de marchés connaissent à ce niveau : des températures pouvant descendre à -30 °C et des distances inter-villes parmi les plus longues du monde.
À -30 °C, l'autonomie d'un VE peut chuter de 30 à 40 % selon les modèles. Pour un technicien itinérant en région ou un artisan couvrant plusieurs chantiers par jour, cela impose une planification rigoureuse des recharges. Bonne nouvelle : le réseau canadien s'étoffe rapidement — CAA, Petro-Canada et le réseau Tesla Supercharger étendent leur couverture sur les axes inter-villes, y compris vers des zones moins denses.
L'arrivée de VUS électriques à grande autonomie — comme le futur Lexus TZ à trois rangées — et la diversification des offres (notamment via les marques chinoises annoncées) devraient progressivement répondre aux besoins des usages les plus exigeants.
Ce que les professionnels canadiens devraient faire maintenant
La fenêtre d'incitation actuelle est réelle, mais elle ne durera pas indéfiniment. La tendance mondiale valide ce que les chiffres locaux confirment : intégrer des VE ou des PHEV dans sa flotte en 2025 ou 2026, c'est maximiser les aides disponibles tout en anticipant les contraintes réglementaires à venir — notamment les objectifs fédéraux de zéro émission pour les véhicules légers neufs d'ici 2035.
Actions concrètes à envisager dès maintenant :
- Calculer votre TCO sur 5 ans en intégrant les aides provinciales et fédérales cumulées.
- Identifier les véhicules de votre flotte dont le kilométrage et le cycle de charge sont compatibles avec un passage au VE (trajets inférieurs à 200 km/jour en conditions normales).
- Anticiper l'installation d'une borne de recharge dans vos locaux — des crédits d'impôt fédéraux pour équipement de recharge s'appliquent aux entreprises.
- Surveiller les offres Chery et Zeekr dès leur entrée sur le marché canadien : la concurrence accrue pourrait faire baisser les prix des segments utilitaires.
D'après Auto123 CA