En Allemagne, le basculement est en train de se produire : pour la première fois, autant d'entreprises envisagent le véhicule électrique que le véhicule essence pour leurs flottes. Une tendance lourde qui traverse les frontières et pose des questions très concrètes aux PME, artisans et gestionnaires de flotte belges : jusqu'où attendre, et comment anticiper intelligemment la transition ?

Ce que révèle l'enquête : des chiffres qui font réfléchir

L'étude, réalisée par Omniquest pour le compte de MHC Mobility auprès d'environ 1 000 salariés allemands, dresse un portrait inédit des attentes en matière de mobilité professionnelle. Premier enseignement : 64 % des entreprises interrogées disposent de véhicules de fonction, et 41 % des salariés y ont un accès personnel — une réalité que bien des PME belges partagent.

Côté motorisations, le résultat est historique : 46 % des répondants plébiscitent l'électrique, 46 % l'essence pour les futurs parcs automobiles. Une parité inédite. Et si l'on élargit aux motorisations électrifiées au sens large (hybrides inclus), ce sont 59 % des répondants qui privilégient au moins une option électrifiée.

Autre chiffre clé : 45 % des personnes interrogées citent les faibles coûts comme critère de sélection prioritaire, devant l'image ou le confort. Cela confirme que la question du TCO (coût total de possession) est désormais centrale dans les décisions d'achat fleet — et c'est précisément là que la Belgique offre des arguments de poids.

Belgique : ce que ça change pour votre flotte

Si le marché allemand bascule, la Belgique dispose quant à elle d'un arsenal fiscal et réglementaire qui rend la transition encore plus urgente — et plus rentable — pour les professionnels locaux.

  • Déductibilité fiscale à 100 % pour tout véhicule zéro émission acquis jusqu'en 2027 : un avantage comptable immédiat et significatif pour les sociétés soumises à l'impôt des sociétés.
  • Avantage en nature (ATN) fortement réduit pour les voitures de société électriques : la taxation sur l'avantage accordé au salarié est bien plus faible qu'avec un véhicule thermique, ce qui facilite aussi l'attractivité de l'offre pour fidéliser les talents — un enjeu que souligne d'ailleurs l'enquête (21 % des répondants voient le véhicule de fonction comme outil de motivation).
  • Primes régionales cumulables : jusqu'à 4 500 € en Wallonie (prime PIVERT), jusqu'à 4 000 € à Bruxelles, et en Flandre une prime Ecoscore progressive selon les émissions du véhicule.
  • LEZ (Low Emission Zones) en vigueur à Bruxelles, Anvers et Gand, avec des extensions prévues : un véhicule thermique acheté aujourd'hui pourrait se retrouver exclu de certaines zones dans quelques années, impactant directement l'usage commercial.
  • Obligation d'infrastructure de recharge en entreprise dès 2030 : autant anticiper dès maintenant l'équipement des parkings professionnels pour étaler les investissements.

Concrètement, sur un véhicule électrique à 40 000 € TTC, la combinaison déductibilité fiscale, prime régionale et réduction d'ATN peut représenter une économie nette de plusieurs milliers d'euros sur 4 ans par rapport à un équivalent essence — selon les estimations des experts en fiscalité fleet.

TCO électrique vs essence : l'équation belge en faveur du branchable

Le critère du coût est clairement le nerf de la guerre pour 45 % des décideurs interrogés. En Belgique, le calcul TCO penche aujourd'hui clairement en faveur de l'électrique dans de nombreux scénarios professionnels :

  • Coût énergétique : recharger un véhicule électrique revient, selon les estimations, à 2 à 4 fois moins cher par kilomètre que le plein d'essence, surtout avec une recharge majoritairement réalisée en entreprise ou à domicile.
  • Entretien réduit : pas de vidange, moins de pièces d'usure — les flottes électriques génèrent en moyenne des coûts d'entretien inférieurs sur la durée.
  • Valeur résiduelle : le marché de l'occasion électrique se structure progressivement, réduisant l'incertitude sur la valeur de revente.

Bien sûr, le profil d'usage reste déterminant : un artisan parcourant de longues distances rurales n'aura pas le même calcul qu'un commercial en milieu urbain. C'est pourquoi 56 % des entreprises de l'enquête déclarent attribuer les véhicules selon la zone d'activité et la nécessité fonctionnelle — une approche à adopter sans hésitation pour toute politique fleet belge.

Conclusion : le moment d'agir, pas d'attendre

L'Allemagne envoie un signal clair : l'électrique n'est plus l'option marginale, c'est l'option principale. En Belgique, les conditions fiscales, les primes régionales et les contraintes réglementaires à venir renforcent encore ce momentum. Pour les PME et gestionnaires de flotte, la fenêtre d'opportunité — notamment la déductibilité à 100 % jusqu'en 2027 — est ouverte, mais pas indéfiniment. Réalisez dès maintenant une analyse TCO adaptée à votre usage réel, consultez votre comptable sur les avantages fiscaux disponibles, et anticipez l'obligation d'infrastructure de recharge avant 2030.

D'après Elektroauto News CH