Le constructeur chinois BYD ne se contente plus d'exporter des voitures électriques vers l'Europe : il veut désormais les y fabriquer. En négociant l'acquisition d'usines inutilisées auprès de plusieurs constructeurs, dont Stellantis, BYD accélère une stratégie d'implantation locale qui pourrait redistribuer les cartes du marché des véhicules électriques en France. Voici pourquoi vous devriez y prêter attention.
Une offensive industrielle méthodique sur le sol européen
BYD avance sur plusieurs fronts simultanément. Le constructeur de Shenzhen a déjà deux usines en cours de construction : l'une à Szeged, en Hongrie, destinée à produire les modèles Dolphin Surf et Atto 2 avec une capacité annuelle de 300 000 véhicules, et l'autre en Turquie. En parallèle, des négociations seraient en cours pour reprendre des sites de production inutilisés auprès de plusieurs constructeurs, Stellantis figurant parmi les partenaires potentiels.
Ce mouvement n'est pas isolé. Dans l'industrie, Nissan discute d'un partage de son usine de Sunderland au Royaume-Uni avec le constructeur chinois Chery, tandis que Stellantis a déjà conclu un accord avec Leapmotor pour produire des véhicules électriques dans deux usines espagnoles. La logique est claire : les marques chinoises cherchent à contourner les droits de douane renforcés instaurés par l'Union européenne sur les véhicules électriques importés de Chine, en produisant directement sur le continent.
Pourquoi les droits de douane européens accélèrent tout
L'Union européenne a durci sa politique commerciale en imposant des droits de douane supplémentaires sur les véhicules électriques fabriqués en Chine. Concrètement, cela renchérit le prix de revient des modèles importés et réduit leur compétitivité face aux marques européennes ou aux véhicules assemblés localement. Pour BYD, produire en Hongrie ou en Espagne, c'est produire dans l'Union européenne — et donc s'affranchir de ces surcoûts.
Cette dynamique est cruciale : si BYD et ses concurrents chinois réussissent leur implantation industrielle européenne, leurs véhicules pourraient retrouver une attractivité tarifaire significative sur le marché français, qui est l'un des plus encadrés — et des plus aidés — d'Europe.
France : ce que ça change pour vous
Le marché français est aujourd'hui structuré autour d'un système d'aides conditionné à des critères stricts, dont un score environnemental lié au lieu de fabrication et à l'empreinte carbone de la chaîne de production. C'est précisément ce point qui est clé :
- Un véhicule BYD fabriqué en Hongrie (donc dans l'UE) aurait de meilleures chances d'être éligible au bonus écologique pouvant atteindre 7 000 € pour un particulier, voire 9 000 € pour les ménages les plus modestes.
- Le dispositif de leasing social à partir de 100 €/mois est lui aussi conditionné à l'éligibilité au bonus : une production européenne ouvrirait potentiellement la porte à ces offres pour les modèles BYD.
- En matière de ZFE-m, les 43 agglomérations françaises concernées (Paris, Lyon, Marseille…) excluent progressivement les véhicules Crit'Air 3 et au-delà. Un VE BYD accessible et éligible aux aides deviendrait une réponse directe à cette contrainte croissante.
- Sur le plan du TCO (coût total de possession), un véhicule électrique comme le Dolphin Surf — selon les estimations du segment — positionné sous les 25 000 € après bonus permettrait une économie substantielle sur le carburant (environ 3 à 4 fois moins cher au kilomètre que l'essence, selon les tarifs EDF actuels), et une exonération totale de la nouvelle taxe annuelle sur les émissions CO₂ pour les véhicules émettant moins de 20 g/km.
Reste une inconnue majeure : le calendrier. L'usine hongroise n'est pas encore opérationnelle, et les négociations sur les sites Stellantis n'ont pas abouti à ce jour. Les acheteurs français intéressés par les modèles BYD devront donc patienter avant de bénéficier pleinement de ces évolutions.
Ce qu'il faut faire dès maintenant
Si vous envisagez de passer à l'électrique dans les 12 à 24 prochains mois, voici les réflexes à adopter dès aujourd'hui :
- Vérifiez votre éligibilité au bonus écologique sur le site de l'ADEME : les critères évoluent régulièrement et les enveloppes sont limitées.
- Identifiez votre situation ZFE : si vous résidez ou circulez régulièrement dans l'une des 43 agglomérations concernées, le passage à un véhicule propre n'est plus une option mais une nécessité à anticiper.
- Comparez les TCO sur 5 ans, pas seulement le prix d'achat : avec le suramortissement de 40 % pour les professionnels ou le leasing social pour les particuliers modestes, la donne financière change radicalement.
- Suivez l'actualité de l'éligibilité des modèles BYD : dès qu'un modèle est assemblé en Europe, sa position vis-à-vis du score environnemental français évolue.
D'après Elektroauto News CH